La Passion selon....
Vouloir
élever des oiseaux mérite une reflexion approfondie
:
Savez
vous qu'en adoptant innocemment un premier couple d'oiseaux vous
risquez d'être contaminés par la passion ( à ce
jour il n' existe aucun traitement efficace pour redevenir normal ),
et ceci souvent au plus tard à la naissance de vos premiers
poussins .
Naturellement,
comme ce sont nos premiers, nous ne nous en séparerons pas et,
au lieu de choisir lesquels on échangera contre d'autres, on
achètera le complément pour tout-le-monde .
Nous
allons donc nous retrouver avec au moins 3 - 4 couples, qui vont
petit à petit chacun devenir 3-4 couples aussi, et ainsi de
suite .
A
partir de ce moment là, on
est prêt à échanger les jeunes contre d'autres
espèces .
Commencent alors d'interminables voyages vers tout ce qui touche de
près ou de loin à nos
protégés.
Un
mari ou une épouse ne partageant pas le même
enthousiasme, ne va pas comprendre qu'il faille faire 300 km pour
aller voir des oiseaux alors qu'on peut aussi en voir chez soi
à la maison .
Que
dire aussi de cette maladie de devoir remplir chaque voliere vide
aussitôt de nouveaux pensionnaires,c'est l'occasion qui dictera
sa loi en dépit d'une réflexion sensée sur les
finances. De toute facon chaque petit coin de garage, de jardin, de
terrasse est systématiquement rêvée d'être
transformé en volière .
Partir en vacances ou pour un week-end passe naturellement à la trappe, (qui nourrirait les oiseaux ?), et si on réussit à partir quand même par ce qu'un ami veut bien s'en occuper, qu'est ce qu'on fait ? On visite un parc aux oiseaux !
Quant
l'époux (ou l'épouse ) a enfin réussi à
apprivoiser un oiseau, choisir son nom se fait sans problème
ensemble, c'est ensuite que ca se corse :
l'oiseau se laisse caresser et accepte de manger dans la main de
l'épouse (ou de l'époux ), se pose sur son
épaule, donne des bisoux et écoute ravi les mots doux
qui lui sont adressés, alors, qu'au lieu de prendre la
friandise que veut bien lui offrir l'autre (c'est selon...), il
niaque le doigt et au lieu d'écouter des gentillesses il se
met à crier plus fort. On se retient alors pour ne pas laisser
échapper un "sale bète ", et on vaque à ses
occupations.
Pour
l'heure du thé, qui est aussi le moment de liberté pour
"chéri-sale bète", on prend le journal, ne voulant
interrompre la joie de son partenaire à partager son bisquit
avec l'oiseau.
En plein suspense d'un article, un bec puissant a subitement
décidé de se battre avec notre journal comme Don
Quichotte, on essaye en vain d'attraper le volatile pour le remettre
dans sa cage, il s'envole et laissera probablement tomber sa
"trace".
On exigera de pouvoir déjeuner en paix, invoquant
l'hygiène, la psittacose ou le tétanos, quand notre
oeil tombera sur des traces déja séchées que le
partenaire n'avait pas vu
.Voilà
l'argument qui fera rentrer " chéri " dans sa cage, au moins
jusqu'au lendemain.
La
moyenne du temps employé à s'occuper de son
élevage est de 1 à 3 heures par jour
Le
meilleur métier pour étre éleveur est
d'être retraité, mais le commun des éleveurs doit
jongler du mieux qu'il peut entre les soins dispensées aux
oiseaux et ses heures de travail, et après de sa vie de
famille .
Heureux
sont les les jardiniers, car travaillant sur leur lieu
d'élevage, à chaque passage on est arrêté
par les cris des perruches soleil et autres perruches souris, qui se
sont données pour mission de remplacer un chien de garde. Si
on les entend au fond du jardin, c'est clair, un visiteur est
arrivé.
Malheureusement, par vent marin, ces cris de joie s'en vont aussi
vers les voisins, qui peuvent ne pas aprécier du tout,
surtout, s'il s'agit d'accueillir l'Aurore, qui, comme chacun sait,
se lève vers 5 heures du matin en été .
La jardinière se lève de bonne humeur si elle aime ce
"chant", tandis que le Jardinier aurait préféré
être reveillé par le bib-bib d'un réveil
classique, mais surtout 1 heure plus tard .
Mais
la passion ne s'arrète pas à la maison, loin de
là .
Imaginez
seulement que, en faisant simplement vos courses en famille dans une
grande surface, vous allez tomber sur une oisellerie dans la Galerie
marchande .
Madame-monsieur
non contaminé, passez vite votre chemin et commencez
déjà à faire vos courses. "L'autre sera
magiquement attiré à l'interieur pour
s'émerveiller devant les oiseaux présentés.
Malheur
à vous, ( si quand-même vous étes restés
), si son oeil tombe sur un manque d'eau ou un oiseau malade dans les
cages. Il attendra d'abord gentiment que le vendeur ait fini de
servir ses clients, pour lui faire remarquer l'urgence.
Malheur
au vendeur qui préfere s'occuper des autres clients avant de
son oiseau.Le passionné ne le lachera pas, lui expliquant tous
les conséquences pour nos protégés et ceci
jusqu'au remède accompli .
Dans
une oisellerie en bon état, un autre scénario aura
probablement lieu .
Le
passionné(e) pourrait découvrir dans une cage" l'oiseau
rare".Un regard sur son partenaire le renseignera de suite sur
l'état des finances, il poussera un soupir, et vous suivera
aux courses .
Si,
par chance pour lui,vous y étes déjà
allé, aucune hésitation, il sortira son chèquier
et vous le verrez rappliquer avec un regard lumineux et une petite
boite dans sa main .
Le mieux à faire, quand les oiseaux ne sont pas pleinement apréciés par les deux partenaires, c'est de prendre 2 mâles, ils seront copains et ne ressentirons aucun manque, et pourront être transportés facilement chez un ami pendant vos vacances .